Arrondissement d’AVALLON (suite)...
Canton de NOYERS-SUR-SEREIN...
CENSY (28 km au Sud de Tonnerre)
À quelque 500 m du village, entre la "Vallée sous le Bois" et le "Vau
de Sarry", une fontaine dite de Senailly, sourd de la base d'une petite
éminence, elle se rencontre à l'extrémité d'un édifice à trois
compartiments abritant la source, un lavoir et un abreuvoir, l'abbé
Duchatel ayant mit au jour un site gallo-romain à une centaine de
mètres environ, l'archéologue n'en exclue pas l'existence d'un ancien
lieu cultuel "dans lequel Epona serait associée au culte de la
source...", ajoutant avec raison qu'en cette région du Tonnerrois assez
pauvre en ressources hydrographiques, l'importance des points d'eau
suffisait à expliquer pourquoi les hommes s'y soient souvent établis à
proximité ou en aient fait un lieu de vénération.
CHÂTEL-GÉRARD (22 km au
Nord-Est d’Avallon)
La menhir la Dame Blanche, situé dans la forêt de Morcon (forêt
domaniale de Châtel-Gérard), proche de la maison forestière.
La fontaine Saint-Ambroise, située près de la chapelle Saint-Ambroise
dans la forêt Saint-Ambroise, lieu de pèlerinage pour les enfants
malades, André Lesparre en propose l'itinéraire suivant à la curiosité
du chercheur : "Dans la ligne
principale de Saint Ambroise, s'ouvrent à droite et à gauche des lignes
secondaires, si d'Annoux, en direction de Marmeaux, on prend la
troisième ligne transversale droite (c'est également la 3ème avant le
rendez-vous de chasse) et qu'on la suive, on trouve à environ 500 m les
ruines de cet ermitage...".
MÔLAY (21 km au Sud-Est de
Chablis)
Non loin de la petite chapelle tombée en vétusté, se trouvait la
Fontaine Saint-Blaise, que l'on aperçoit encore en lisière du bois de
l'Affichot et dont les eaux ont été captées pour alimenter les villages
de Môlay et Annay-sur-Serein, la tradition a perdu le souvenir des
vertus particulières qui animaient les eaux de cette source placée sous
la protection de Blaise, il semble cependant qu’un peu partout en
France, on accordait aux fontaines de Saint-Blaise le pouvoir de guérir
les affections de la gorge.
POILLY-SUR-SEREIN (11 km au
Sud-Est de Chablis)
La fontaine Saint-Potentien, réputée soulager les affections
rhumatismales, située aux confins des finages de Sainte-Vertu de
Poilly-sur-Serein.
On va à sa découverte en longeant l'ancienne voie ferrée de Laroche à
l'Isle-sur-Serein sur environ 1.400 m, au-delà de la gare désaffectée
de Poilly, la source se trouve au pied d'un petit coteau, à quelques
mètres à gauche de l'ancien chemin de Poilly à Aigremont, faisant
limite entre Poilly et Sainte-Vertu.
À une cinquantaine de mètres de la source, quelques débris de murs et
amas pierreux, dissimulés dans un bosquet représentent les ultimes
vestiges de l'ermitage et de la chapelle qui existaient encore au
XVIIIème siècle et sont bien visibles sur un plan de Poilly, levé en
1783 par Vyard.
Le bassin des eaux se présente sous la forme d'un puits d'un mètre de
profondeur, appareillé sur trois côtés en petits moellons de pierre
calcaire régionale, le quatrième s'ouvre sur une petite descente
d'escalier comportant un emmarchement de 6 à 7 degrés permettant au
pèlerin d'aller prélever l'eau nécessaire à sa dévotion, au niveau du
sol, le bassin de la source est adossé à un muret en forme de stèle,
haut de deux mètres environ et s'achevant en ogive dont l'intérieur
pourrait avoir abriter une statuette du saint, quel rite pratiquait-on
dans les eaux de la source de Sainte-Vertu ?...
Lucien Labosse se souvient que de tradition familiale, on racontait que
"l'eau
coulait de la bouche d'un chérubin dans une vasque située au fond d'un
puits, un gobelet, fixé à une chaînette, permettait de boire l'eau qui
guérissait des rhumatismes, sur le puits, un muret surmonté d'une
pierre sculptée en forme de niche qui abritait, peut-être, la statue de
Potentien...".
La source de la "grosse tante Veille", les êtres de terroir hantaient
parfois les sources, leur conférant une connotation maléfique, ils
étaient supposés attirait les jeunes enfants au fond des eaux, aussi
les parents mettaient-ils en garde leur progéniture contre ces
créatures malfaisantes qui sévissaient dans des endroits bien
particuliers du territoire communal.
À Poilly-sur-Serein, le chanoine Villetard avait observé que "pour
éloigner les petits enfants des dangers de tomber dans un puits ou une
rivière, on les menaçait d'une grosse tante veille cachée dans les eaux
et qui les tireraient par les pieds...", il demande, "s'il
n'y aurait pas dans cette défense une allusion cachée à la fée
Merlusine ou Mélusine, cette interrogation montrant une fois de plus le
rôle maléfique que l'on assignait à la fée en pays tonnerrois,
occultant du même coup l'aspect protecteur et bienfaisant qu'on lui
reconnaît assez généralement en France...".
Albert Colombet a lui, rencontré la Mère Lusine en Bourgogne, où, afin
que les enfants ne se penchent pas sur les puits, on leur disait que
celle-ci les attirait : "La fée
était dépeinte comme flottant à la surface de l'eau et n'ayant qu'un
seul œil, et pour la chasser, il fallait simplement souffler dans le
puits avant d'y descendre les seaux...".
De son côté, Charles Bigarne, autre érudit bourguignon, témoigne que
dans la région de Beaune " la Mère
Louisine était un monstre qui habitait les puits et les fontaines et
servait d'épouvantail aux enfants..." .
Clément-Janin avait relevé une croyance semblable dans ses "Traditions
populaires de la Côte-d'Or", au sujet de fées dont les mères
prévenaient leurs enfants : " Ne va pas jouer sur le bord de la
fontaine de La Roche, disaient les mamans encore au début du siècle, la
fée du fond te tirerait dedans...".
Dans le centre de la France, Jacques Chaurand, toponymiste de talent, a
rencontré un être comparable, dans les départements de
l'Indre-et-Loire, de la Vienne et des Deux-Sèvres, il s'agit de la
Marie Gruette dont la simple évocation du nom faisait frémir (et obéir)
les gamins les plus rebelles à l'autorité parentale !...
Elle habitait
les puits, les fosses et les rivières et avait la redoutable et
détestable habitude d'attraper les jeunes victimes imprudentes par les
jambes, pour les attirer dans les eaux.
Son patronyme pourrait provenir du terme "greuet ou gruet" avec le sens
de "crochet", sans doute par allusion au geste de cet être odieux mais
heureusement mythique, élément à part entière de la panoplie des moyens
dont disposait l'éducation parentale au siècle dernier.
Les eaux vives des puits, des fontaines, des ruisseaux et des rivières
de nos villages ont toujours représenté un danger permanent à l'égard
des jeunes bambins imprudents et il convenait de leur inspirer une
crainte salutaire de ces lieux "interdits" en peuplant leur imagination
de monstres néfastes ou malfaisants, les eaux "mortes", souvent
appelées "noues" étaient des lieux humides, avec des creux d'eaux
nommés marchais et marigots, ces sortes de mares permanentes étaient
autant de lieux perfides et redoutés, jalonnés de "bimes", sortes
d'excavations remplies d'eaux et réputées sans fond, Tante Veille, Mère
Lusine, Vieille et autre Marie Gruette peuplaient autrefois un
environnement quotidien.
Canton de QUARRÉ-LES-TOMBES...
CHASTELLUX-SUR-CURE (13 km au Sud d’Auxerre)
La borne des Quatre Seigneurs, située au lieu-dit (ou hameau) le Bois
de Chevrière, cette pierre qui servit de bornes entre diverses
seigneuries est armoriée, et il est fort possible qu'on l’ait utilisé
à cette fin un ancien menhir qui aurait été déplacé ou non.
BUSSIÈRES (16 km au Sud
d’Avallon)
La fontaine Jean du Gognot, située à coté de l’église paroissiale.
Les vestiges d’une importante villa gallo-romaine, situés au lieu-dit
les Cordois.
QUARRÉ-LES-TOMBES (19 km au
Sud, Sud-Est d’Avallon)
Au hameau de Champlay, dans la forêt au Duc au sommet d’un mamelon
boisé, la Roche ou le Theuriat des Fées, ou encore le Tombeau des géants, un amas de roches
granitiques où la légende y voit la chaudière, la cuve et le fauteuil
des Fées.
SAINT-BRANCHER (17 km au Sud
d’Avallon)
La fontaine St-Eutrope, réputée guérir les fièvres.
SAINT-GERMAIN-DES-CHAMPS (12 km
au Sud d’Avallon)
La roche Sainte-Diétrine, au lieu-dit "Le Réchat", on y accède depuis
le Meix en prenant la direction d’Auxon
sur 2 km, puis à la ferme
Saint-Étienne, à Vaupître, emprunter le chemin orienté au Sud, à l'orée
du bois, prendre le sentier de droite et après avoir traversé le petit
ruisseau, tourner à droite et faire environ une centaine de mètres.
Cette roche a la particularité de présenter dans sa partie supérieure
une cavité qui est remplie d’eau en toutes saisons, cette eau est
encore recherchée pour la
guérison des maladies de peau, des verrues et des dartres, entre autres
(dartres se disant "diètes" en morvandiau, ce qui explique facilement
le nom de la Sainte).
Parlant de Vaupître, Courtépée écrit : "Il
sort d'un rocher situé dans un bois une eau qu'on va chercher pour les
darters..." et l'abbé Henry Vaast nous en fournit cette explication
légendaire : "Une vierge, nommée Diétrine, vivait en paix dans la
solitude de ces bois, un chasseur la découvrit et la poursuivit pour
lui faire violence, arrivée devant la roche aujourd'hui vénérée, elle
s'écria : Ah ! si tu voulais t'ouvrir et me cacher dans ton sein !, à
l'instant la pierre se fendit, et la vierge se précipita à l'intérieur
où elle est à jamais ensevelie...".
Sainte-Diétrine ne figurant dans aucun martyrologe, son histoire se
réduit au thème du rocher qui s'ouvre pour protéger l’innocence,
laissons parler l'abbé Vaast, qui va nous donner de précieux détails
sur le pèlerinage : "Les malades
atteints de dartres, s'ils n'y vont pas eux-mêmes y envoient quelqu'un
à leur place, on récite devant la pierre en l'honneur de sainte
Diétrine, cinq Pater et cinq Ave, si le malade doit guérir, la pierre
sue de grosses gouttes, si au contraire, elle demeure sèche, tout
remède reste inutile...", on boit de l'eau puisée dans la
fontaine, ou dans le ruisseau qui coule à proximité, on en porte aussi
au malade, celle de la cavité de la pierre étant bien entendu préférée.
Le tumulus de Chagnis.
SAINT-LÉGER-VAUBAN
(anciennement SAINT-LÉGER-DE-FOURCHERET), (24 km au Sud-Est d’Avallon)
Proche de l’abbaye, la Pierre-qui-Vire, un amas granitique, une roche
posée sur une autre qui pouvait être mise en mouvement par une simple
pression humaine et qui selon la légende tournait au son de l’angélus,
la roche est aujourd’hui scellée (?!) et surmontée d'une statue de la
Vierge, la roche, déjà signalée en 1801 était l'objet de croyances
superstitieuses, la notice suivante méritant d'être reproduite : "Voici
la Pierre-qui-Vire, et tout d'abord, vire-t-elle ?... Non, à-t-elle jamais
viré ?... Je ne le crois pas, puisqu'elle est en équilibre sur deux
pointes...".
Cependant cette légende se raconte : "quand à midi, le soleil dardait
ses rayons sur le dolmen, notez qu'il s'agit d'un monolithe et que
l'Angélus sonnait à Vau-Marin, la pierre virait trois fois...".
Le père Isidore nous donne une explication aussi simple que juste : "Si
la pierre, dit-il, ne tournait pas sur elle-même, elle oscillait
facilement de bas en haut et il me souvient de lui avoir imprimé avec
une seule main un mouvement vertical d'une dizaine de centimètres...",
nous regrettons de ne pouvoir en faire autant : la partie jadis
branlante à malheureusement été depuis maçonnée (?).
Le monument se compose d'une grosse pierre posée sur un rocher qui a
trois mètres de long, deux de large, et un mètre d'épaisseur environ,
au-dessus, les religieux ayant placé une Vierge de grande dimension le
27 septembre 1853...
"J'ai vu... sous le piédestal de la
statue, des excavations profondes représentant assez bien un corps
humain en creux..." ajoute le père Isidore, M. Petit proteste par
contre, contre "les orateurs" qui ont voulu y voir un autel à
sacrifices et ironise contre les messieurs de la ville auxquels les
paysans racontaient que la pierre virait lorsque minuit sonnait au
clocher de Vaumarin qui n'a jamais eu d'église.
Dans un recueil en patois morvandiau,
M. Guillaume intitule l'un de ses récits La-Pierre-qui-Vire (il s'agit
bien de notre monument) : "Il paraît que tous les ans, la nuit de Noël,
quand le premier coup de minuit sonne au clocher de Vaumarin, le gros
morceau de pierre vire et découvre l'entrée d'une grande resserre,
d'une cave, quoi !... ou il y avait tout plein de belles choses dans
une illumination du tonnerre: des meules de louis d'or et d'écus
d'argent, de pleins cabas de pistoles, des tas de diamants, des
monceaux de bagues, de colliers… un vrai paradis !... c'était le trésor
des fées !... quand le dernier coup de minuit était décroché, la pierre
reprenait sa place en "se dévirant", tout se refermait, et il ne
restait pas trace de toutes ces beautés-là jusqu'à l'année prochaine.
C'est à cause de ce miracle qu'on lui
avait donné le nom de Pierre-qui-Vire. Une fois refermée... il paraît que
toutes les vaches et tous les hommes du pays auraient bien été attelés
après qu'ils n'auraient pu réussir, sans compter que sûrement vous vous
seriez procuré quelque difficulté avec le Bon Dieu ou avec le Diable...".
La Pierre des Godeaux ou le Soulier du Diable, la Pierre des Godeaux
étant parmi un groupe de nombreuses
pierres, on y voit des cuvettes
naturelles sur les trois plus élevées et deux d'entre elles
représentent un pied humain, l'une ou l'autre et peut-être l'une et
l'autre passent pour le Soulier du Diable, dans une clairière, à peu de
distance, existe un bloc couché appelé la Pierre-Vielle, qui possède
une croix gravée en creux à sa surface, peut-être un exorcisme ?...,
comme le christianisme en a tracé sur certains mégalithes qui étaient
l'objet de coutumes superstitieuses.
La Roche au Chat, toutes les deux situées proche du lieu-dit (ou
hameau) les Godeaux.
La Pierre de la Tortue, située proche de la Pierre des Godeaux.
Le dolmen du Bon-Rupt ou Pierre Charles, situé proche du hameau le Bon
Rupt, un énorme rocher de forme circulaire reposant sur deux quartiers de
rochers et formant une table sous laquelle on peut s'abriter, sur sa
surface supérieure, qui est très plate, on voit une dépression
allongée, figurant assez bien une jambe humaine, que les paysans disent
être la jambe du diable.
La Roche aux Loups, située proche de l’abbaye de la Pierre qui Vire.
RUÈRES (4 km à l’Est de
Saint-Léger-Vauban)
Les Pierres levées.
Canton de TONNERRE...
TISSEY (9 km à l’Ouest de Tonnerre)
La fontaine Saint-Baudry, située située près de la ferme de St-Baudry
sur les confins des finages de Tissey, à environ un kilomètre de
l'agglomération.
On y parvient en empruntant un moment la route départementale menant à
Vézinnes ainsi qu'un chemin communal conduisant à une dépression
humide, appelée la Vallée du Cléon ou encore la Vallée de Saint-Baudry,
la source et la chapelle sont dissimulées en bordure d'un bois.
TONNERRE (32 km à l’Est
d’Auxerre)
La Fosse Dionne, située dans un quartier retiré de Tonnerre, dispense
ses eaux à l'endroit sans doute le plus ancien de la cité.
Elle sourd à l'aplomb d'un plateau rocheux nommé "les Vieux Châteaux",
qui dût jadis abriter la vieille agglomération de "Tomodurum" dans une
région de plateaux calcaires et secs.
La fontaine Saint-Michel du Mont Volut, située sur le Mont Voûtois,
anciennement Mont Volut, aujourd'hui captée pour les besoins en eau des
Tonnerrois.
La fontaine de Chamboudon ou des Bouillons, située à mi-côte de la
route départementale 965, menant à Auxerre, par Chablis, elle est
localisée à droite et en contrebas de la route, entre les lieux-dits
"Endroit de la Gerbe d'Or" et "Les Champs Boudon", proche celui de
"TarteMaillet", dont la fonction était d'assister le paysan dans son
environnement quotidien et ses activités agraires.