Pierres de légende, sources, fontaines et chapelles

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dans l'YONNE (89, suite)

Arrondissement d’AVALLON (suite)...
Canton de NOYERS-SUR-SEREIN...
CENSY
(28 km au Sud de Tonnerre)
À quelque 500 m du village, entre la "Vallée sous le Bois" et le "Vau de Sarry", une fontaine dite de Senailly, sourd de la base d'une petite éminence, elle se rencontre à l'extrémité d'un édifice à trois compartiments abritant la source, un lavoir et un abreuvoir, l'abbé Duchatel ayant mit au jour un site gallo-romain à une centaine de mètres environ, l'archéologue n'en exclue pas l'existence d'un ancien lieu cultuel "dans lequel Epona serait associée au culte de la source...", ajoutant avec raison qu'en cette région du Tonnerrois assez pauvre en ressources hydrographiques, l'importance des points d'eau suffisait à expliquer pourquoi les hommes s'y soient souvent établis à proximité ou en aient fait un lieu de vénération.

 

CHÂTEL-GÉRARD (22 km au Nord-Est d’Avallon)
La menhir la Dame Blanche, situé dans la forêt de Morcon (forêt domaniale de Châtel-Gérard), proche de la maison forestière.
La fontaine Saint-Ambroise, située près de la chapelle Saint-Ambroise dans la forêt Saint-Ambroise, lieu de pèlerinage pour les enfants malades, André Lesparre en propose l'itinéraire suivant à la curiosité du chercheur : "Dans la ligne principale de Saint Ambroise, s'ouvrent à droite et à gauche des lignes secondaires, si d'Annoux, en direction de Marmeaux, on prend la troisième ligne transversale droite (c'est également la 3ème avant le rendez-vous de chasse) et qu'on la suive, on trouve à environ 500 m les ruines de cet ermitage...".

 

MÔLAY (21 km au Sud-Est de Chablis)
Non loin de la petite chapelle tombée en vétusté, se trouvait la Fontaine Saint-Blaise, que l'on aperçoit encore en lisière du bois de l'Affichot et dont les eaux ont été captées pour alimenter les villages de Môlay et Annay-sur-Serein, la tradition a perdu le souvenir des vertus particulières qui animaient les eaux de cette source placée sous la protection de Blaise, il semble cependant qu’un peu partout en France, on accordait aux fontaines de Saint-Blaise le pouvoir de guérir les affections de la gorge.

 

POILLY-SUR-SEREIN (11 km au Sud-Est de Chablis)
La fontaine Saint-Potentien, réputée soulager les affections rhumatismales, située aux confins des finages de Sainte-Vertu de Poilly-sur-Serein.
On va à sa découverte en longeant l'ancienne voie ferrée de Laroche à l'Isle-sur-Serein sur environ 1.400 m, au-delà de la gare désaffectée de Poilly, la source se trouve au pied d'un petit coteau, à quelques mètres à gauche de l'ancien chemin de Poilly à Aigremont, faisant limite entre Poilly et Sainte-Vertu.
À une cinquantaine de mètres de la source, quelques débris de murs et amas pierreux, dissimulés dans un bosquet représentent les ultimes vestiges de l'ermitage et de la chapelle qui existaient encore au XVIIIème siècle et sont bien visibles sur un plan de Poilly, levé en 1783 par Vyard.
Le bassin des eaux se présente sous la forme d'un puits d'un mètre de profondeur, appareillé sur trois côtés en petits moellons de pierre calcaire régionale, le quatrième s'ouvre sur une petite descente d'escalier comportant un emmarchement de 6 à 7 degrés permettant au pèlerin d'aller prélever l'eau nécessaire à sa dévotion, au niveau du sol, le bassin de la source est adossé à un muret en forme de stèle, haut de deux mètres environ et s'achevant en ogive dont l'intérieur pourrait avoir abriter une statuette du saint, quel rite pratiquait-on dans les eaux de la source de Sainte-Vertu ?...
Lucien Labosse se souvient que de tradition familiale, on racontait que "l'eau coulait de la bouche d'un chérubin dans une vasque située au fond d'un puits, un gobelet, fixé à une chaînette, permettait de boire l'eau qui guérissait des rhumatismes, sur le puits, un muret surmonté d'une pierre sculptée en forme de niche qui abritait, peut-être, la statue de Potentien...".
La source de la "grosse tante Veille", les êtres de terroir hantaient parfois les sources, leur conférant une connotation maléfique, ils étaient supposés attirait les jeunes enfants au fond des eaux, aussi les parents mettaient-ils en garde leur progéniture contre ces créatures malfaisantes qui sévissaient dans des endroits bien particuliers du territoire communal.
À Poilly-sur-Serein, le chanoine Villetard avait observé que "pour éloigner les petits enfants des dangers de tomber dans un puits ou une rivière, on les menaçait d'une grosse tante veille cachée dans les eaux et qui les tireraient par les pieds...", il demande, "s'il n'y aurait pas dans cette défense une allusion cachée à la fée Merlusine ou Mélusine, cette interrogation montrant une fois de plus le rôle maléfique que l'on assignait à la fée en pays tonnerrois, occultant du même coup l'aspect protecteur et bienfaisant qu'on lui reconnaît assez généralement en France...".
Albert Colombet a lui, rencontré la Mère Lusine en Bourgogne, où, afin que les enfants ne se penchent pas sur les puits, on leur disait que celle-ci les attirait : "La fée était dépeinte comme flottant à la surface de l'eau et n'ayant qu'un seul œil, et pour la chasser, il fallait simplement souffler dans le puits avant d'y descendre les seaux...".
De son côté, Charles Bigarne, autre érudit bourguignon, témoigne que dans la région de Beaune " la Mère Louisine était un monstre qui habitait les puits et les fontaines et servait d'épouvantail aux enfants..." .
Clément-Janin avait relevé une croyance semblable dans ses "Traditions populaires de la Côte-d'Or", au sujet de fées dont les mères prévenaient leurs enfants : " Ne va pas jouer sur le bord de la fontaine de La Roche, disaient les mamans encore au début du siècle, la fée du fond te tirerait dedans...".
Dans le centre de la France, Jacques Chaurand, toponymiste de talent, a rencontré un être comparable, dans les départements de l'Indre-et-Loire, de la Vienne et des Deux-Sèvres, il s'agit de la Marie Gruette dont la simple évocation du nom faisait frémir (et obéir) les gamins les plus rebelles à l'autorité parentale !...
Elle habitait les puits, les fosses et les rivières et avait la redoutable et détestable habitude d'attraper les jeunes victimes imprudentes par les jambes, pour les attirer dans les eaux.
Son patronyme pourrait provenir du terme "greuet ou gruet" avec le sens de "crochet", sans doute par allusion au geste de cet être odieux mais heureusement mythique, élément à part entière de la panoplie des moyens dont disposait l'éducation parentale au siècle dernier.
Les eaux vives des puits, des fontaines, des ruisseaux et des rivières de nos villages ont toujours représenté un danger permanent à l'égard des jeunes bambins imprudents et il convenait de leur inspirer une crainte salutaire de ces lieux "interdits" en peuplant leur imagination de monstres néfastes ou malfaisants, les eaux "mortes", souvent appelées "noues" étaient des lieux humides, avec des creux d'eaux nommés marchais et marigots, ces sortes de mares permanentes étaient autant de lieux perfides et redoutés, jalonnés de "bimes", sortes d'excavations remplies d'eaux et réputées sans fond, Tante Veille, Mère Lusine, Vieille et autre Marie Gruette peuplaient autrefois un environnement quotidien.


Canton de QUARRÉ-LES-TOMBES...
CHASTELLUX-SUR-CURE
(13 km au Sud d’Auxerre)
La borne des Quatre Seigneurs, située au lieu-dit (ou hameau) le Bois de Chevrière, cette pierre qui servit de bornes entre diverses seigneuries est armoriée, et il est fort possible qu'on l’ait utilisé à cette fin un ancien menhir qui aurait été déplacé ou non.

 

BUSSIÈRES (16 km au Sud d’Avallon)
La fontaine Jean du Gognot, située à coté de l’église paroissiale.
Les vestiges d’une importante villa gallo-romaine, situés au lieu-dit les Cordois.

La géobiologie, Roche des fées 

QUARRÉ-LES-TOMBES (19 km au Sud, Sud-Est d’Avallon)
Au hameau de Champlay, dans la forêt au Duc au sommet d’un mamelon boisé, la Roche ou le Theuriat des Fées, ou encore le Tombeau des géants, un amas de roches granitiques où la légende y voit la chaudière, la cuve et le fauteuil des Fées.

 

SAINT-BRANCHER (17 km au Sud d’Avallon)
La fontaine St-Eutrope, réputée guérir les fièvres.

 

SAINT-GERMAIN-DES-CHAMPS (12 km au Sud d’Avallon)
La roche Sainte-Diétrine, au lieu-dit "Le Réchat", on y accède depuis le Meix en prenant la direction d’AuxonLa géobiologie, Roche Ste-Dietrine sur 2 km, puis à la ferme Saint-Étienne, à Vaupître, emprunter le chemin orienté au Sud, à l'orée du bois, prendre le sentier de droite et après avoir traversé le petit ruisseau, tourner à droite et faire environ une centaine de mètres.
Cette roche a la particularité de présenter dans sa partie supérieure une cavité qui est remplie d’eau en toutes saisons, cette eau est encore recherchée pour la
guérison des maladies de peau, des verrues et des dartres, entre autres (dartres se disant "diètes" en morvandiau, ce qui explique facilement le nom de la Sainte).
Parlant de Vaupître, Courtépée écrit : "Il sort d'un rocher situé dans un bois une eau qu'on va chercher pour les darters..." et l'abbé Henry Vaast nous en fournit cette explication légendaire : "Une vierge, nommée Diétrine, vivait en paix dans la solitude de ces bois, un chasseur la découvrit et la poursuivit pour lui faire violence, arrivée devant la roche aujourd'hui vénérée, elle s'écria : Ah ! si tu voulais t'ouvrir et me cacher dans ton sein !, à l'instant la pierre se fendit, et la vierge se précipita à l'intérieur où elle est à jamais ensevelie...".
Sainte-Diétrine ne figurant dans aucun martyrologe, son histoire se réduit au thème du rocher qui s'ouvre pour protéger l’innocence, laissons parler l'abbé Vaast, qui va nous donner de précieux détails sur le pèlerinage : "Les malades atteints de dartres, s'ils n'y vont pas eux-mêmes y envoient quelqu'un à leur place, on récite devant la pierre en l'honneur de sainte Diétrine, cinq Pater et cinq Ave, si le malade doit guérir, la pierre sue de grosses gouttes, si au contraire, elle demeure sèche, tout remède reste inutile...", on boit de l'eau puisée dans la fontaine, ou dans le ruisseau qui coule à proximité, on en porte aussi au malade, celle de la cavité de la pierre étant bien entendu préférée.
Le tumulus de Chagnis.

 

SAINT-LÉGER-VAUBAN (anciennement SAINT-LÉGER-DE-FOURCHERET), (24 km au Sud-Est d’Avallon)
La géobiologie, La Pierre qui vire Proche de l’abbaye, la Pierre-qui-Vire, un amas granitique, une roche posée sur une autre qui pouvait être mise en mouvement par une simple pression humaine et qui selon la légende tournait au son de l’angélus, la roche est aujourd’hui scellée (?!) et surmontée d'une statue de la Vierge, la roche, déjà signalée en 1801 était l'objet de croyances superstitieuses, la notice suivante méritant d'être reproduite : "Voici la Pierre-qui-Vire, et tout d'abord, vire-t-elle ?... Non, à-t-elle jamais viré ?... Je ne le crois pas, puisqu'elle est en équilibre sur deux pointes...".
Cependant cette légende se raconte : "quand à midi, le soleil dardait ses rayons sur le dolmen, notez qu'il s'agit d'un monolithe et que l'Angélus sonnait à Vau-Marin, la pierre virait trois fois...".
Le père Isidore nous donne une explication aussi simple que juste : "Si la pierre, dit-il, ne tournait pas sur elle-même, elle oscillait facilement de bas en haut et il me souvient de lui avoir imprimé avec une seule main un mouvement vertical d'une dizaine de centimètres...", nous regrettons de ne pouvoir en faire autant : la partie jadis branlante à malheureusement été depuis maçonnée (?).
Le monument se compose d'une grosse pierre posée sur un rocher qui a trois mètres de long, deux de large, et un mètre d'épaisseur environ, au-dessus, les religieux ayant placé une Vierge de grande dimension le 27 septembre 1853...
"J'ai vu... sous le piédestal de la statue, des excavations profondes représentant assez bien un corps humain en creux..." ajoute le père Isidore, M. Petit proteste par contre, contre "les orateurs" qui ont voulu y voir un autel à sacrifices et ironise contre les messieurs de la ville auxquels les paysans racontaient que la pierre virait lorsque minuit sonnait au clocher de Vaumarin qui n'a jamais eu d'église.
Dans un recueil en patois morvandiau, M. Guillaume intitule l'un de ses récits La-Pierre-qui-Vire (il s'agit bien de notre monument) : "Il paraît que tous les ans, la nuit de Noël, quand le premier coup de minuit sonne au clocher de Vaumarin, le gros morceau de pierre vire et découvre l'entrée d'une grande resserre, d'une cave, quoi !... ou il y avait tout plein de belles choses dans une illumination du tonnerre: des meules de louis d'or et d'écus d'argent, de pleins cabas de pistoles, des tas de diamants, des monceaux de bagues, de colliers… un vrai paradis !... c'était le trésor des fées !... quand le dernier coup de minuit était décroché, la pierre reprenait sa place en "se dévirant", tout se refermait, et il ne restait pas trace de toutes ces beautés-là jusqu'à l'année prochaine.
C'est à cause de ce miracle qu'on lui avait donné le nom de Pierre-qui-Vire.
Une fois refermée... il paraît que toutes les vaches et tous les hommes du pays auraient bien été attelés après qu'ils n'auraient pu réussir, sans compter que sûrement vous vous seriez procuré quelque difficulté avec le Bon Dieu ou avec le Diable...".
La Pierre des Godeaux ou le Soulier du Diable, la Pierre des Godeaux étant parmi un groupe de nombreusesLa géobiologie, Dolmen du bon Rupt; pierres, on y voit des cuvettes naturelles sur les trois plus élevées et deux d'entre elles représentent un pied humain, l'une ou l'autre et peut-être l'une et l'autre passent pour le Soulier du Diable, dans une clairière, à peu de distance, existe un bloc couché appelé la Pierre-Vielle, qui possède une croix gravée en creux à sa surface, peut-être un exorcisme ?..., comme le christianisme en a tracé sur certains mégalithes qui étaient l'objet de coutumes superstitieuses.
La Roche au Chat, toutes les deux situées proche du lieu-dit (ou hameau) les Godeaux.
La Pierre de la Tortue, située proche de la Pierre des Godeaux.
Le dolmen du Bon-Rupt ou Pierre Charles, situé proche du hameau le Bon Rupt, un énorme rocher de forme circulaire reposant sur deux quartiers de rochers et formant une table sous laquelle on peut s'abriter, sur sa surface supérieure, qui est très plate, on voit une dépression allongée, figurant assez bien une jambe humaine, que les paysans disent être la jambe du diable.
La Roche aux Loups, située proche de l’abbaye de la Pierre qui Vire.La géobiologie, Pierres levées

 

RUÈRES (4 km à l’Est de Saint-Léger-Vauban)
Les Pierres levées.


Canton de TONNERRE...
TISSEY
(9 km à l’Ouest de Tonnerre)
La fontaine Saint-Baudry, située située près de la ferme de St-Baudry sur les confins des finages de Tissey, à environ un kilomètre de l'agglomération.
On y parvient en empruntant un moment la route départementale menant à Vézinnes ainsi qu'un chemin communal conduisant à une dépression humide, appelée la Vallée du Cléon ou encore la Vallée de Saint-Baudry, la source et la chapelle sont dissimulées en bordure d'un bois.

 

TONNERRE (32 km à l’Est d’Auxerre)
La Fosse Dionne, située dans un quartier retiré de Tonnerre, dispense ses eaux à l'endroit sans doute le plus ancien de la cité.
Elle sourd à l'aplomb d'un plateau rocheux nommé "les Vieux Châteaux", qui dût jadis abriter la vieille agglomération de "Tomodurum" dans une région de plateaux calcaires et secs.
La fontaine Saint-Michel du Mont Volut, située sur le Mont Voûtois, anciennement Mont Volut, aujourd'hui captée pour les besoins en eau des Tonnerrois.
La fontaine de Chamboudon ou des Bouillons, située à mi-côte de la route départementale 965, menant à Auxerre, par Chablis, elle est localisée à droite et en contrebas de la route, entre les lieux-dits "Endroit de la Gerbe d'Or" et "Les Champs Boudon", proche celui de "TarteMaillet", dont la fonction était d'assister le paysan dans son environnement quotidien et ses activités agraires.


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