Dans les pays d’Europe du Nord principalement, une nouvelle sensibilité apparaît : l’habitat ne doit plus être considéré comme une machine climatique captant et économisant des calories gratuites, mais bien comme "une troisième peau" participant intimement à notre bien-être et à notre santé associant également des nouvelles préoccupations en matière d’impact sur notre environnement, c’est le concept de "bioconstruction" ou "maison saine" et la fabrication ainsi que la normalisation de matériaux d’origine minérale ou végétale…
Des matériaux naturels et sains, des écomatériaux générant un écobilan positif, favorisant les échanges cosmo-telluriques selon les critères géobiologiques, ainsi qu’avec les différents rayonnements naturels de la biosphère...
Lors d’une éco-rénovation ou d’une éco-construction, on évitera d’employer des matériaux et des isolants synthétiques...
Les polystyrènes,
composés de mousse de polystyrène expansée obtenue à partir d’hydrocarbures
(styrène) expansés à la vapeur d’eau et au pentane afin de présenter
une structure à portes ouvertes, le polystyrène extrudé, issu d’un
procédé similaire, est soumis en outre à un agent gonflant sous
pression.
Conductivité thermique : lambda* = 0,028 pour le polystyrène expansé et
0,035 pour le polystyrène extrudé.
* Plus la valeur du lambda est faible, plus le matériau est isolant,
plus elle est forte, plus le matériau est conducteur, soit de performances
isolantes moindre.
Énergie grise : 450 kWh/m3 (pour le polystyrène expansé), 850 kWh/m3 (pour le polystyrène extrudé).
Impact sur l’environnement : à base d’hydrocarbures (donc de
ressources non renouvelables), génère des dégagements de pentane
(pollution de la couche d’ozone, effet de serre), de HFC (en
remplacement des chlorofluorocarbones (CFC), composants non
recyclables.
Impact sur la santé :
dégage du styrène à la chaleur, une substance neurotoxique, développe
des champs électrostatiques importants, matériaux hermétiques ne
donnant aucune capacité de respiration au bâti.
Les polyuréthanes, composés de mousse de polyuréthane obtenue à l’aide de catalyseurs et d’agents propulseurs à base d’isocyanates, et d’adjuvants pour stabiliser (silicones) ou pour ignifuger, le gaz expanseur, à l’origine du chlorofluocarbone (CFC) a été remplacé par du HCFC.
Ce type d’isolant pourra servir ponctuellement pour isoler certaines parties comme l’arrière de radiateurs, une porte de garage, une chambre froide, ou des protections solaires.
Conductivité thermique : lambda = 0,025 pour les panneaux et 0,030 kWh/m3 pour les mousses.
Énergie grise : 1.000 à 1.200 kWh/m3.
Impact sur l’environnement : à base d’hydrocarbures (donc de ressources non renouvelables), génère des dégagements de pentane (pollution de la couche d’ozone, effet de serre), de HFC (en remplacement des chlorofluorocarbones (CFC), composants non recyclables.
Impact sur la santé : les isocyanates issus d’un processus de fabrication complexe à base de chlore libères des amines, des substances nocives, matériaux hermétiques ne donnant aucune capacité de respiration au bâti.
Les mousses urée-formol, phénoliques, de polychlorure de vinyle, des mousses de synthèse, surtout employées dans les années 70-80, utilisant des agents d’expansion gazeux et des additifs destinés à les rendre incombustibles, elles étaient utilisées en panneaux et en injections.
Impact sur l’environnement et sur la santé : extrêmement nocives pour l’environnement et pour la santé, elles ont été fortement réglementées, et ont progressivement disparu du marché, on peut cependant les retrouver lors de travaux de rénovation ou de démolition.
Les polyesters,
des isolants en fibres de polyester issus de la pétrochimie qui présentent beaucoup
moins de risques pour la santé que les produits de synthèse ci-dessus.
Conductivité thermique : lambda
= 0,035 kWh/m3.
Énergie grise : 600 kWh/m3.
Impact sur l’environnement : à base d’hydrocarbures (ressources non
renouvelables).
Impact sur la santé : pas de dégagements toxiques identifiés, produits
reconnus anallergiques, matériaux hermétiques ne donnant aucune
capacité de respiration au bâti.
Les isolants réflecteurs minces, conçus à l’origine pour des utilisations particulières dans l’industrie aéronautique, les véhicules frigorifiques ou la construction nautique.
Constitués de films réflecteurs à base d’aluminium et de mousses
synthétiques à cellules fermées, ces isolants fonctionnent
essentiellement à partir de la propriété de l’aluminium de réfléchir
les rayonnements caloriques.
Conductivité thermique : ces
films ne peuvent pas présenter de lambda à proprement parler, ni de
résistance thermique R basée sur l’épaisseur, leur capacité isolante
étant cependant avérée.
Énergie grise : (mousses de
synthèse et aluminium).
Impact sur l’environnement :
ressources non renouvelables, issus de la pétrochimie.
Impact sur la santé : ces films
ne présentent en principe pas de dégagements toxiques, mais il s’agit
d’un matériau totalement hermétique ne donnant aucune capacité de
respiration au bâti (c’est le principe de la bouteille thermique).