> Des matériaux performants, naturels et sains (suite2)
Comme les précédents, des matériaux et des isolants minéraux seront également préférentiellement utilisés...
Les laine minérales, obtenues
par fusion de matières
minérales à environ 1.500°C, puis par
centrifugeation, soufflage et extrusion, à base de verre et de sable
siliceux pour les laines de
verre, de roches volcaniques (basalte,
notamment) pour les laines de roche, et enrobées ensuite par
pulvérisation de résines à base d’urée-formol, durcies ensuite par
polymérisation, leur assurant stabilité et tenue mécanique, qui se
présentent en vrac, en rouleaux, en panneaux semi-rigides nus ou
revêtus d’un pare-vapeur, et en panneaux composites (principalement
avec des plaques de plâtre), en éléments préfabriqués (panneaux
sandwichs, associés avec de la terre cuite, cloisons phoniques,
notamment), ou encore en éléments moulés spéciaux (coques, volets
roulants,…).
Conductivité thermique : lambda = 0,035 pour les laines de verre et 0,040 pour les laines de roche.
Énergie grise : de 150 à 250 kWh/m3.
Impact sur l’environnement : ressources non renouvelables.
Impact sur la santé :
les laines minérales font l’objet de polémiques dans les milieux
scientifiques, je n’entrerais donc pas dans ce débat, les laines de
verre développe des champs électrostatiques.
La perlite et la vermiculite,
issue d’une roche volcanique siliceuse de la famille des rhyolites
perlitiques, pour sa fabrication, la perlite est ensuite chauffée à
1.200°C, cette violente réaction libérant l’eau liée chimiquement à la
matière et la vapeur lui faisant subir une expansion de son
volume
initial sous forme de perles, quant à la vermiculite, il s’agit d’une
roche micacée qui réagit également comme la perlite au traitement
thermique.
Conductivité thermique :
lambda = 0,045 kWh/m3 pour la perlite et 0,050 kWh/m3 pour la vermiculite.
Énergie grise : 230 kWh/m3.
Impact sur la santé : la perlite et la vermiculite ne
présentent pas de dégagements toxiques, les présentations bitumées ou
siliconées, les panneaux liés au polyuréthane sont sujets aux
émanations de gaz toxique, le bitume dégageant plusieurs gaz, dont le
sulfure d’hydrogène.
La vermiculite, comme le liège expansé présente elle, une intéressante capacité d’isolement des champs électromagnétiques.
L'argile expansée,
produite par la cuisson d’argile crue dans des fours rotatifs à
1.100°C, une expansion étant provoquée par le dégagement de gaz lors de
la cuisson des éléments
organiques, ou d’huiles ajoutées, elles se
présente sous la forme de billes arrondies et régulières de structure
poreuse, insensibles à l’eau et très résistantes à la compression,
peuvent être employées en vrac, utilisées dans un mortier allégé, ou
encore des blocs préfabriqués.
Conductivité thermique : lambda = 0,103 à 0,108 kWh/m3, selon la densité.
Énergie grise : environ 300 kWh/m3.
Impact sur l’environnement : matériau non renouvelable.
Impact sur l’environnement et
sur la santé : ne présente pas
de dégagements toxiques, utilisée en béton, elle présente des nuisances
liées à la composition des ciments employés.
La chaux,
un oxyde de calcium, utilisée de longue date comme liant ou badigeon,
elle est le produit de la calcination de la pierre à chaux à une
température comprise entre 900 et 1.100° C, en construction rurale,
elle a toujours été traditionnellement employée dans la maçonnerie
des
murs pour lier des pierres ou des briques, en enduits intérieurs ou
extérieurs, mélangée à du sable, des pigments, des fibres végétales, de
la caséine, de la potasse ou du latex, ou encore en dalles ou chapes
pour poser des revêtements de sol, carrelages, tommettes, un produit
qui présente des atouts indéniables :
La chaux permet la "respiration des murs" (migration de l'eau et de la
vapeur d'eau), elle est imperméable à l'eau de ruissellement, elle
supporte bien l'humidité et le gel, elle offre une faible adhérence aux
poussières, et de plus, elle détruit les micro-organismes grâce à son
pH important de 12 (sur une échelle de 14).
Le plâtre,
obtenu à partir du gypse naturel le plus souvent, un produit gâché
avant usage avec de l'eau : les carreaux de plâtre, le placoplâtre en
plaques (ou BA 13) qui est un sandwich de plâtre entre 2 feuilles de
carton, les complexes alvéolaires de doublage en plaques, composés de
mélange de plâtre et de fibres diverses, les enduits de surface
traditionnels à usage intérieur, les moulages ou stucs (moulures,
décorations,...).
D'un point de vue sanitaire, on veillera à employer un plâtre qui ne
soit pas radioactif, peu nocif en enduit de surface, ce sont surtout
les colles, les cartons, et les additifs qui augmentent la sensibilité
des combinés de plâtre aux micro-organismes en présence d’humidité et
de la chaleur (moisissures de surfaces).
ou encore, des matériaux et des isolants d’origine animale...
La laine de mouton,
d'abord lavée au savon et à la soude pour la débarasser surtout du suint, une
odeur caractéristique qui n’en possède pas moins la faculté d’éloigner
les parasites,
elle se présente en vrac, en rouleaux, en panneaux
semi-rigide, ou encore en feutre.
Conductivité thermique : lambda = de 0,035 à 0,045 kWh/m3 selon la densité.
Énergie grise : moyenne pour la fabrication, plus importantes pour le transport sur de longues distances.
Impact sur l’environnement : ressource renouvelable.
Impact sur la santé : ne présente pas de dégagements toxiques, par
contre les additifs anti-mites, des pyréthrinoïdes de synthèse,
présente une toxicité très faible pour les animaux à sang chaud (des
recherches étant en cours afin de stabiliser la molécule de pyrèthre
naturel).
La laine de mouton s’avérant être un excellent isolant.
* Certaines des données exposées ci-dessus sont issues de l'excellent
ouvrage de Jean-Pierre Oliva : L'isolation
écologique, paru aux éditions Terre vivante.
Cadmnium, plomb, cobalt, acétone, toluène, xylène...
l’origine derrière la belle substance qui s’étale avec volupté, se
cache souvent un véritable florilège de composants nocifs... irritation
des yeux, fatigue chronique, maux de tête, difficultés de concentration,
problèmes respiratoires et neurologiques... peuvent être causés lors de
leur application et même longtemps après…
On emploiera des peintures "naturelles", à la chaux, à la caséïne, si
les COV (Composés Organiques Volatils... des hydrocarbures en
suspension dans l'air) s’évaporent en grande partie au séchage, ils ne
disparaissent pas pour autant, ils peuvent être absorbés par certains
matériaux : moquettes ou rideaux par exemple, qui les restitueront à
leur tour progressivement, ou bien, ce sera le support lui même, qui,
s’il est poreux, absorbera ces émissions, prolongeant d’autant la durée de leur "relargage" dans l’air.
Certains solvants montrant un pic d’émission plus tardif, et pourront
se révéler beaucoup plus durable, c’est ainsi qu’on a pu encore relever
des émissions plusieurs mois et même plusieurs années après
l’application de certains produits ou matériaux, consciente de ces
problèmes de santé publique, l’Europe avance, en France, plus de 160
peintures bénéficient du label NF-Environnement qui prend en compte les
dimensions environnementales de ces produits : eau, air, sols, énergie,
matières premières, déchets... tout au long du processus de leur
fabrication jusqu’à leur élimination.
En extérieur ou en intérieur, colorés ou bruts, lisses ou granuleux,
les enduits et les revêtements muraux seront à base d’argile ou de
chaux (stuc, tadelakt), ou bien composés d’un mélange
sable-terre-paille, ou aussi en terre crue, ces matériaux étant des
régulateurs de la vapeur d’eau, ils réglent l’hygrométrie de l’air et
la température, et de plus sont recyclables et compostables.
De par leur texture, les papiers peints, eux, pouvant être des
stockeurs et réémetteurs de COV potentiels, on évitera ceux en vinyles
ou plastiques de par leur composition, et qui forment aussi une
barrière étanche réduisant la perméabilité des parois à la vapeur
d’eau, sans oublier certains colles qui pourront présenter des risques
sanitaires, une solution pourra être des papiers peints fabriqués à
partir de balles de céréales fixées avec de la colle d’amidon de pommes
de terre, ou de résines naturelles.
Quant aux sols, on pourra les revêtir d’un linoléum, de préférence aux
revêtements PVC (appelés "linos" à tort), qui outre leurs aspects
polluants à la fabrication, et dont certains composés s'échappant
constamment dans l'air ambiant pourront être la cause d'allergies,
d'irritation,..., ou encore de liège, et aussi de revêtements végétaux
non traités (fibre de sisal, fibre de coco, jute, jonc de mer,...), sous
la condition là aussi que la sous-couche en mousse et les colles ne
contiennent pas de composants nocifs qui risquent de migrer dans l'air
des pièces.
Il conviendra cependant de rester vigilant quant à l’emploi et la mise
en oeuvre de ces produits ou matériaux, particulièrement lors de
l’aménagement d’une chambre d’enfant par exemple, ainsi, si les
règlementations européennes, les écolabels et le programme Reach
représentent des avancées indéniables, il n'en subsiste pas moins des
zones d'ombre, en
particulier une absence totale d'affichage de leur composition sur les
emballages : celle-ci étant souvent tenue secrète, l'utilisateur,
amateur ou professionnel, devant se contenter du seul étiquetage
obligatoire, à savoir celui des dangers et des précautions d'emploi (le
secteur des matériaux étant bizarrement le seul à échapper à
l’obligation d’inscrire la liste des composants utilisés sur les
étiquettes des produits).